cherche

"Avis de recherche : Ella et John Robina, couple de citoyens américains à la retraite, vus pour la dernière fois au volant de leur camping-car le Cherche-bonheur, aux abords de Detroit. Si vous avez des informations, merci de contacter au plus vite leurs enfants au numéro qui suit...
Après une longue vie et soixante ans de mariage, la santé chancelante et la mémoire qui flanche, Ella et John savent que leurs jours d'autonomie sont comptés. Si John ne se souvient plus nécessairement si on est mardi ou jeudi, il peut encore conduire. Ella le « kidnappe » donc, avec une seule idée en tête : partir une dernière fois à l'aventure. C'est le début d'un périple extraordinaire..."

 

Ca faisait bien longtemps que j'avais envie de le découvrir, celui-là! Peut-être un peu trop, en fin de compte, puisque j'en ressors déçue.

Je ne m'attendais pourtant à rien d'autre. Peut-être à un voyage un peu plus épique? La route 66 défile, monotone, et il ne se passe pas grand chose. Ce voyage nous permet surtout de suivre les pensées et réflexions d'Ella, qui assume le rôle de "gardienne des souvenirs" du couple puisque John souffre d'Alzheimer. On découvre le regard qu'elle pose sur la vie: le rapport à ses enfants, la maladie de son mari, la manière dont le monde évolue et le regard un peu blasé qu'elle porte sur les autres. C'est très bien écrit, et on trouve de nombreuses perles au fil des pages.

"On passe sa vie à se préoccuper de l'opinion des autres, alors qu'en réalité ils ne pensent pas. Les rares fois où ça leur arrive, je l'admets, c'est en mal, mais on peut au moins se réjouir qu'ils soient capables de penser." (p. 21)

Le récit est découpé en chapitres correspondant à chacun des états traversés. Certains sont donc très courts quand d'autres semblent interminables. Ce déséquilibre peut être déstabilisant, mais ne m'a gênée à aucun moment.

Le couple formé par Ella et John est touchant. Ils font preuve d'une immense tendresse l'un pour l'autre, se chahutent gentiment, s'engueulent. Les personnages secondaires ne sont en revanche qu'esquissés: même les enfants manquent de relief. Je ne m'y suis pas retrouvée dans la balance entre les souvenirs et le temps présent: les deux m'ont laissé un goût de trop peu. Difficile d'évoquer toute une vie, certes, mais peut-être qu'il était possible d'y investir un peu plus d'émotion. J'ai senti Ella détachée de tout, déjà ailleurs.

J'aurais aimé plus de folie, plus de rocambolesque. Tout était cousu de fil blanc, trop convenu. Une fois passé l'enthousiasme de la situation de base, tout est retombé comme un soufflé raté. La fin elle-même coulait de source et ne m'a pas fait hausser un sourcil. Pourtant les thèmes me parlaient, le style est agréable, le tout est bien mené... Mais je n'ai pas été touchée.

C'était une jolie coquille vide.

 

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