porte

 

" La Porte " est l'histoire d'une confession, terrible et douloureuse. Magda Szabo retrace patiemment sa relation avec Emerence Szeredas, une vieille femme rude et silencieuse originaire de la même province qu'elle, dont le comportement varie selon un nombre incalculable de clés et qui fut sa femme de ménage pendant une vingtaine d'années. Une aide d'une force de travail et d'une énergie au caractère surhumain, ne ménageant ni ses efforts, ni sa peine. Si le mari de Magda et Emerence se supportent aisément et éprouvent l'un pour l'autre une sympathie mutuelle, les rapports de Magda et de sa femme de ménage restent tendus et imprévisibles. Il est vrai qu'Emerence n'aime pas n'importe comment. De leur rencontre à la mort d'Emerence, dont elle s'accuse d'avoir été la principale responsable, la romancière hongroise reconstitue la vie de cette personnalité peu ordinaire, de ses terreurs et de ses nombreuses bizarreries. Malgré le fossé culturel et social qui les sépare, Magda sera la seule à recueillir les confidences d'Emerence et à découvrir son secret. Malgré leurs difficultés à se comprendre, elle sera la seule à passer la porte de sa maison, interdite à tous. Elle seule la trahira, persuadée en toute bonne foi d'agir pour son seul bien, comprenant bien trop tard que la vieille femme l'aimait comme sa propre fille. Récit autobiographique bouleversant, " La Porte " est à ce jour le roman le plus emblématique de l'œuvre de Magda Szabo, dont la notoriété ne cesse à juste titre de grandir

 

Je sors d'une période d'excellentes lectures. Il y a des moments comme ça, où chaque livre entre nos mains semble être un page turner, où les pages et les histoires s'enchaînent sans qu'on puisse jamais rassasier sa faim et son émerveillement. Et puis on tombe sur quelque chose d'un peu moins digeste ou d'un peu plus exigeant, et on freine net.

"La porte" est nettement moins accessible que mes dernières lectures. Ce n'est pas vraiment une question de vocabulaire ni de style, plutôt de rythme. Il demande une attention plus soutenue. Le livre se concentre exclusivement sur le personnage d'Emerence. L'auteur cherche à rendre justice, presque avec désespoir, à la complexité du caractère de la vieille femme, et réunit les maigres éléments biographiques qu'elle possède pour retracer sa vie et tenter de la comprendre. La narratrice et son mari ne sont qu'esquissés : on ne sait rien d'eux ou presque. Ils ne comptent pas. Seules leurs interactions avec Emerence ont du sens. Les dialogues sont retracés, et leurs effets longuement analysés : "j'ai répondu ça, mais j'aurais dû répondre ceci, parce que derrière les apparences elle voulait me dire ça mais je ne l'ai compris que plus tard".

Autant le dire tout de suite : je me suis ennuyée. C'est très beau, certainement bien écrit, le fond est intéressant. Cela soulève des questions sur la dignité humaine, la vieillesse, la mort. La relation entre la narratrice et Emerence sonne juste, entre maladresses et malentendus, avec pourtant cet amour partagé, presque incompréhensible.

Je me suis ennnuyée quand même. Je n'ai jamais réussi à partager cette fascination pour la mystérieuse femme de ménage, et les hypothèses sur sa vie et son caractère m'ont laissée indifférente. Je ne me suis pas attachée aux personnages. Je n'ai jamais trouvé le moyen d'accéder au coeur de ce roman : il s'est déroulé sans moi. J'aurais aimé pouvoir m'identifier à la narratrice pour adopter ses questionnements, mais elle manquait de chair. 

Je suis volontiers prête à croire le bandeau publicitaire qui parle de chef d'oeuvre, malheureusement je suis passée à côté. Vous aurez peut-être plus de chance !


Merci de noter que je n'ai fait aucun jeu de mots vaseux à base de "porte", "restée sur le seuil", "clé du roman" ou autre, ça a été une lutte de tous les instants.