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16 mars 2014

Le passage, Louis Sachar

passage

 

"Stanley Yelnats est poursuivi par la malchance. Tout comme ses père, grand-père et arrière-grand-père. Et ce, à cause d'une malédiction qui a frappé ce dernier. C'est donc avec le sentiment d'être poursuivi par la fatalité que Stanley accepte le coup du sort qui le condamne, pour un acte qu'il n'a pas commis, à passer 18 mois au Texas dans le camp du Lac vert. Celui-ci, malgré son joli nom, n'a rien d'un lieu de villégiature. D'abord, le lac a laissé la place à un désert aride. Ensuite, les "pensionnaires", tous jeunes délinquants, sont condamnés à creuser chaque jour un énorme trou dans cette terre desséchée. Cette punition stupide cache un dessein poursuivi par le terrible "directeur" du camp."

 

Encore une victime du fameux "On me l'a tellement vendu que je suis presque déçue".

C'est un très bon livre jeunesse, vraiment. Mais pas aussi bon que ne le laissait espérer sa note sur Livraddict (17.1/20 à l'heure où je rédige ce billet) ou sa place dans la liste des Teacher's Favourite Books.

Ce qui m'a le plus impressionée est la construction très intelligente de l'intrigue. Chaque élément se met en place l'air de rien, pour aboutir à une conclusion logique et bien amenée. Il existe un parallèle entre la situation de base et le final, très intéressant, qui nous offre une jolie morale... ou une morale un peu angoissante, selon les points de vue. Soit on considère joyeusement que toute malédiction peut être annulée à force de bonne volonté; soit on se dit qu'on a plutôt intérêt à lever les mauvais sorts si on ne veut pas qu'ils nous pourrissent la vie ad vitam aeternam. A vous de choisir, en somme!

Le personnage de Stanley est un petit bonhomme très sympathique. C'est un peu un poissard, ça c'est sûr, mais il ne passe pas son temps à se plaindre ou à clamer son innocence. Au contraire, il accepte plutôt placidement sa situation, blasé par son manque de chance habituel. Accusé d'un vol à tort et placé dans un camp abominable, à creuser des trous en plein cagnard... Bon, bah on va s'y faire. Pas le choix. Il porte sur les choses un regard lucide, sans cynisme mais sans naïveté non plus.  Ce n'est pas un premier prix de comportement: il a des élans égoïstes, mais une bonne dose d'auto-critique aussi. Un petit gars très attachant, à qui on souhaite le meilleur dès le départ.

On a tendance à sombrer dans le manichéisme typique des livres pour enfants, avec des méchants très méchants (même si l'explication du comportement du directeur adoucit un peu le trait), des gamins bêtes et cruels, et des gentils incompris très gentils. Ce n'est pas grave. Tout reste plausible. Après tout, les enfants ne comprennent pas tout dans le fonctionnement incohérent et imprévisible des autres.

Une lecture rapide et agréable, mais je crains qu'elle ne me laisse pas un souvenir éternel...

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