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"Je l'aime. II représente tout pour moi. Je l'ai attendu toute ma vie et à présent il est là. (J'ai du mal à m'expliquer.) Avec lui je peux contempler mon existence dans sa totalité, comme une carte, passé et futur réunis, comme un ange... [..] Tout est déjà arrivé. Tout en même temps. "

Nous avons tous déjà eu cette impression d'avoir rencontré une personne quelque part avant, ou de l'avoir connue dans une autre vie... Et si c'était dans un autre temps ?

Quand Henry, bibliothécaire, voit arriver Claire, une artiste séduisante, il ne peut croire à l'incroyable : ils se connaissent depuis des décennies, même s'il ne s'en souvient pas. Car Henry est atteint d'une maladie qui le propulse dans le temps. Il a rencontré Claire alors qu'elle était enfant et va sans cesse partir et revenir à des époques de leurs vies respectives...

L'histoire folle et romanesque d'un amour absolu et éternel.

 

J'aime beaucoup Doctor Who. Je ne suis pas une fan absolue, mais j'ai vu tous les épisodes avec plaisir (depuis la reprise, puisque je n'ai pas poussé le vice jusqu'à regarder les anciens épisodes).

Comment ? Quel est le rapport ?

Le rapport, c'est que cette curieuse d'histoire d'amour à la temporalité contrariée, ce n'est du coup pas une surprise pour moi. La relation entre River Song et le Docteur suit exactement ce principe. Et pour cause, puisque j'ai découvert en me renseignant un peu, fort perturbée par cette étrange coïncidence, que Moffat s'est largement inspiré du roman pour écrire sa trame.

Ce qui est bien gentil, mais gâche beaucoup mon plaisir.

Ces voyages temporels constituent en effet le point fort de "Le temps n'est rien", et si on oublie la richesse de cette idée... j'ai trouvé le reste plutôt banal. C'est une gentille histoire d'amour, toute mignonne et touchante, avec ses hauts et ses bas. Les personnages sont attachants, certains sujets abordés sont émouvants, mais l'auteur ne creuse cependant pas énormément les thèmes abordés. Ce qui est dommage, parce qu'il y en a beaucoup qui auraient mérité davantage de développement, mais la période décrite étant très longue (une vie ! ), il était sans doute difficile de donner suffisamment de reliefs à tous les événements. Tout va vite, parfois trop vite. Je pense en particulier à la maladie de la mère de Claire, dont le traitement m'a vraiment paru survolé.

Claire aime Henri, Henri aime Claire, Claire et Henri se croisent à des âges différents avant de se retrouver dans le même présent, et comme tout cela est choupi tout plein ! Ce n'est pas niais pour autant : loin de se noyer sous la guimauve, la relation est dépeinte de manière très réaliste. Il n'y a pas que de la paillette et des licornes multicolores, heureusement.

Des questions restent en suspens, une fois la dernière page tournée. D'où vient cette fichue liste, censée recenser toutes les rencontres futures, qu'Henry donne à Claire ? Quand l'a-t-il écrite, quand lui a-t-il donnée ? Ses disparitions et apparitions devenaient-elles réellement plus violentes et douloureuses avec l'âge ? L'auteur l'a abordé dans un chapitre, avant de ne plus jamais en parler.  Il y a des petits bouts de trames perdus çà et là, des bizarreries dont on se demande si elles apportent quelque chose au récit. Le fait que Gomez soit amoureux de Claire, mais qu'il ait épousé sa meilleure amie et lui ai fait trois enfants,... ça rime à quoi ? Apparemment, tout le monde s'en fout, de toute façon. La relation entre Charisse et Claire n'en souffre pas le moins du monde, Henry ne s'affole pas, et ça ne débouche sur rien, aucune révélation divine, aucun rebondissement.

"Le temps n'est rien" est une lecture-détente parfaite quand on a envie d'une belle histoire sans prise de tête. C'est agréable, ça se lit très vite, mais ça n'apporte pas grand chose.

Je me demande bien ce que ça faisait dans la liste des Teacher's Favourite Books...