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"Il était une fois deux soeurs, un frère et leurs parents qui vivaient heureux tous ensemble. Rosemary était une petite fille très bavarde, si bavarde que ses parents lui disaient de commencer au milieu lorsqu'elle racontait une histoire. Puis sa soeur disparut. Et son frère partit. Alors, elle cessa de parler… jusqu'à aujourd'hui. C'est l'histoire de cette famille hors normes que Rosemary va vous conter, et en particulier celle de Fern, sa soeur pas tout à fait comme nous…"

 

C'est en lisant la critique élogieuse de Pretty Books que j'ai décidé de me laisser tenter. En très grossièrement résumé, elle disait : "Je ne peux rien vous dire mais lisez ça tout de suite". Je suis d'un naturel confiant et très curieux. C'était aussi mystérieux qu'une remarque sur un épisode de Game of Thrones qui voudrait éviter les spoilers. J'ai cédé.

C'est en effet un très, très bon bouquin, et je ne vais pas vous le gâcher non plus. Son principal attrait réside en effet dans une révélation qui vous fait remettre en question plein de choses, un point crucial pour la compréhension du roman, divinement bien amené. Je ne l'ai pas vu venir une seule seconde. D'accord, je suis mauvaise en général à ce petit jeu, mais tout de même ! 

Le roman met en place une magnifique réflexion, fine et intelligente, sur un sujet dont je ne peux pas parler sous peine de ruiner l'intrigue. Bref, me voilà moi aussi à rédiger une critique qui ne peux parler de rien, ce qui est un exercice bien compliqué.

Je vais donc me borner aux généralités d'usage : c'est très bien écrit, les personnages sont complexes et attachants. Leur cheminement fait sens. Rosemary en particulier est fascinante : un mélange de gravité imposé par le sujet et ce qu'elle a vécu, et de légereté adolescente. On assiste à son entrée dans l'âge adulte : "Nos années sauvages" est aussi un récit d'acceptation et de maturité, comme si elle rassemblait les pièces éparses de son histoire pour se construire enfin vraiment.

Le rythme se perd toutefois un peu sur la fin. La révélation constituant le temps culminant du roman, la suite souffre forcément d'un sentiment de moins bien. Les dernières pages, en particulier, ont été un peu laborieuses. Rosemary se perd parfois dans des explications toujours intéressantes et justifiées, mais parfois longuettes, en décrivant plusieurs études et leurs conclusions. Cela nous prouve que le roman est très bien documenté, mais ralentit la progression et le plaisir de la lecture en donnant l'impression d'être en train de parcourir des publications scientifiques. Ce bémol n'a toutefois pas réussi à gâcher le souvenir que j'en garderai.

Un récit idéaliste et passionné, à l'écriture talentueuse, que vous devriez vous aussi tenter sans rien savoir de plus !