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"Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurlevent. Le fils Hindley n’accepte pas cet enfant sombre et lui fait vivre un enfer. La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel. Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu’opposés. Heathcliff devient un homme sans scrupule, qui jure de se venger des deux hommes ayant empêché le déploiement de son amour: Hindley, le frère ennemi, et Edgar, le mari de Catherine. La destruction de ces deux familles et de leurs descendances constitue alors son seul objectif. Dans les paysages sauvages et immuables des landes du Yorkshire, les déchirements sont nombreux, et cohabitent dans une passion extrême et des tourments destructeurs...."

Mais quelle violence ! C'est fou, je ne m'attendais pas à ça. Je croyais qu'il s'agissait d'une histoire d'amour contrariée entre Catherine et Heathcliff, type grand drame romantique, et je me suis mangé un torrent de haine sans y être préparée. Brrr. J'aurais sans doute pu choisir une lecture de plage un peu plus légère.

Nous découvrons le passé des habitants de Wuthering Heights grâce à M. Lockwood, locataire innocent de Tushcross Grange, qui presse sa femme de chambre de tout lui raconter sur ces étranges énergumènes. Ses rencontres avec son propriétaire hargneux ont en effet de quoi susciter la curiosité... Et puis ils n'ont pas la télé à l'époque, il s'ennuie, il pleut, et une bonne histoire passe le temps. Mrs Dean, témoin impuissant des événements, lui en fait le récit détaillé.

Dès le départ, ça sent le sapin pour le pauvre Heathcliff. Souffre-douleur de Hindley, il ne connaît de relatif répit qu'avec Catherine. Et encore, ce n'est pas brillant... leur relation fluctue au gré des humeurs de la belle, qui a conscience de sa haute naissance et sait ce qu'elle veut dans la vie.

Ah, Catherine, Catherine... J'ai souvent eu des envies de violence envers des personnages de romans, mais j'avoue qu'elle est particulièrement bien classée dans le top. Elle modèle son entourage à sa guise, sans jamais prendre en considération les émotions des autres. Ce monstrueux égoïsme est une chose en soi, ne pas éprouver de remords se tient... Mais se victimiser sans cesse de cette manière ? Catherine est la reine des drama queens. Elle défaille, elle pâlit, elle a des coups de sang et des fièvres qui l'emmènent au bord de la tombe. Ayez le malheur de la contrarier, et elle se retrouve alitée pendant des mois. C'est à en devenir dingue.

Pourquoi ce pauvre Heatchcliff ne parvient-il pas à l'oublier, et décide-t-il de vouer sa vie à la récupérer et/ou à pourrir la vie des autres ? Je ne sais pas, vraiment. Il aurait eu grand besoin d'une bonne psychothérapie, mais allez trouver un praticien compétent au beau milieu des landes désolées. A défaut, il se voue donc corps et âme à l'anéantissement de ceux qui l'ont fait souffrir. C'est un hobby comme un autre.

Ce roman suinte la haine dans chacun de ses mots. Bien loin de la romance niaise que je pensais trouver, on y croise acharnement, mauvaise foi, mépris... C'est la lie des émotions humaines. Les personnages s'entêtent dans leurs erreurs et foncent droit dans le mur. C'est le formidable récit d'un gâchis entêté.

Emily Brontë a créé une histoire fascinante de noirceur, et son succès est amplement mérité. Mais demain, je choisirai plutôt "Oui-Oui à la ferme". Ce sera moins éprouvant pour mon petit coeur de bisounours.