DSC04397

« Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. […] J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux. »

Diane perd brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.

 

J'avais de grandes espérances. La littérature traitant du deuil et de la reconstruction me touche beaucoup. Niveau implication émotionnelle, on est au top, puisque j'ai le même âge que l'héroïne et son mari, et que j'ai moi aussi un enfant. J'avais préparé les boîtes de Kleenex, convaincue d'adhérer.

Et là, c'est le drame. Le magnifique soufflé au fromage que vous sortez fièrement du four retombe en faisant un bruit de pet. Que s'est-il passé pour que ce roman prometteur se transforme en bluette insipide ?

Jusqu'à l'arrivée de l'héroïne en Irlande, tout se passait pourtant très bien. On assiste à l'hibernation de Diane, enfermée dans sa douleur, qui n'a même pas envie de s'en sortir. Les descriptions de sa perte, le récit du décès de son mari et de sa fille et des jours qui ont suivi sont bouleversants, et sonnent juste. Pour fuir un ami un peu trop envahissant qui a décidé de la secouer un bon coup, elle va traîner sa peine ailleurs sur un coup de tête, dans l'un des endroits que son mari rêvait de visiter.

C'est là que tout part en cacahuètes, avec des ficelles tellement grosses qu'en fait ce sont des cordes. Ca alors ! Un voisin taciturne et désagréable dans la maison d'à côté ! Diantre ! Ils ne peuvent pas se blairer et se bouffent le nez dès qu'ils se rencontrent ! Oh oh, mais pincez-moi je rêve, un événement fortuit vient dévoiler qu'ils sont en fait attirés l'un par l'autre !

Bla, bla, bla. Ce roman m'a laissée royalement indifférente. Heureusement, il n'était pas très long. Seule la fin a réussi à me surprendre un peu, mais pas suffisamment pour rattraper l'impression Harlequin/Levy/Musso de l'ensemble. Même le titre me fait grimacer : bien qu'on sache dès le début qu'il s'agit du nom du café littéraire que tenait Diane, j'ai espéré un joli parallèle qui viendrait le renforcer et justifier son rôle. Eh non. Ca aurait pu s'appeler "A la bière mousseuse" ou "Café Pépette", c'était pareil, mais ça claquait moins.

C'est bien écrit, ça se lit très vite, mais je m'attendais vraiment à quelque chose d'un peu moins superficiel.  J'ai un peu de mal à comprendre le buzz autour de ce roman... Mes goûts doivent simplement différer.