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"A quinze ans - belle et grave - qui est-elle, Meggie Cleary ? Une enfant ? Une femme ? Un destin si bref encore, si lourd déjà d'émotions brûlantes et de chagrins déchirants...
Tout a commencé par l'arrachement à la ferme natale quand les Cleary et leurs huit enfants ont quitté la Nouvelle-Zélande pour cette dure terre d'Australie. Et à Drogheda, l'immense domaine aux troupeaux sans nombre où son père est régisseur la petite Meggie peine à la ferme, veille sur ses jeunes frères. Elle a neuf ans seulement quand elle rencontre celui qui va marquer toute sa vie : Ralph de Bricassart, un jeune prêtre, beau comme un prince, doux comme un frère.
Plus tard, Ralph s'éloignera, fidèle à sa vocation... Déchirée mais forte, Meggie veut vivre, donner la vie…"

 

Je n'avais qu'un vague souvenir de l'adaptation en téléfilm de ce roman. J'étais trop petite pour fantasmer sur Chamberlain (et même en revoyant les photos aujourd'hui, je ne suis pas très cliente) et pour m'émerveiller de l'histoire d'amour impossible de Meg. Il me semble cependant que cela passait à la télé tous les ans ou presque, et cela a suffi pour me pousser à acheter les deux tomes en brocante.

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Hum... Nope.

Mais... c'est incroyablement malsain, non ? Ce jeune prêtre ambitieux qui s'entiche d'une gosse de huit ans (s'il vous plaît, pas de commentaires tendancieux) (non, je vous jure, c'est mal) et s'érige en dieu devant elle, forgeant son caractère et ses idéaux, avant de se barrer presque sans remords. Cette pauvre Meg aveuglée par Ralph, qui le poursuivra toute sa vie sans jamais lâcher l'affaire, méprisée, maltraitée, à la limite du ridicule. Les frères Cleary isolés dans la solitude la plus complète, mariés au domaine de Drogheda.

Ce n'est pas super-super joyeux, comme lecture.

Mais il y a Drogheda. Quelles merveilleuses descriptions dans l'écriture de Colleen McCullough ! On se laisse emporter, jusqu'à éprouver le même amour viscéral pour cette terre. Drogheda est un personnage à part entière, exigeant et parfois cruel. On comprend les renoncements ultimes qui lui sont concédé. Le domaine a un faux air de paradis terrestre dans lequel on rêve de s'oublier, un refuge hors du temps, résistant à tout, renaissant toujours. Aucun autre lieu ne peut soutenir la comparaison dans l'esprit des Cleary. 

J'ai été emportée par l'histoire, mais à aucun moment je n'ai adhéré aux actions des personnages. Meg agit comme une oie blanche, enchaînant les décisions discutables à un rythme effrené et les enfermant tous dans une sacrée panade. Certaines sous-trames auraient mérité davantage de développement (je pense surtout à la relation complexe entre Frank et Fiona). La vie amoureuse de Justine ne m'a pas intéressé une seule seconde, même si je pense comprendre son intérêt d'un point de vue général. La fin est tellement précipitée, après les longueurs lassantes consacrées aux études des enfants de Meg, qu'on se demande si Colleen McCullough n'en avait pas juste ras-le-bol. Ca tombe bien, moi aussi.

Démarré en trombe et lu avec gourmandise, mon intérêt s'est peu à peu essoufflé dès que Meg revient se barricader à Drogheda. "Les oiseaux se cachent pour mourir" reste néanmoins une lecture qui vaut le coup, ne serait-ce que pour comprendre l'engouement passé autour du couple formé (ou pas formé... puisqu'on vous dit que c'est compliqué !) par Ralph et Meg.

 

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Une question me taraude toutefois : si on ne le diffuse plus aujourd'hui, est-ce simplement parce que c'est démodé... Ou parce que le coup du beau prêtre qui fascine une enfant ne passerait plus ?