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"Depuis que sa femme a disparu sans jamais faire signe, Paul Andersen vit seul avec ses deux jeunes enfants. Mais une année s'est écoulée, une année où chaque jour était à réinventer, et Paul est épuisé. Il espère faire peau neuve par la grâce d'une retour aux sources et s'installe alors à Saint-Malo, la ville de son enfance. Mais qui est donc Paul Andersen ? Un père qui, pour sauver le monde aux yeux de ses enfants, doit lutter sans cesse avec sa propre inquiétude et contrer, avec une infinie tendresse, les menaces qui pèsent sur leur vie. Dans ce livre lumineux aux paysages balayés par les vents océaniques, Olivier Adam impose avec une évidence tranquille sa puissance romanesque et son sens de la fraternité."

 

Première rencontre avec cet auteur... Et ce rendez-vous ne fut pas très concluant.

L'écriture est très travaillée et plutôt agréable. Les jeux sur la ponctuation, notamment l'absence de virgules dans certains passages, lui donnent un souffle particulier, chaotique: les phrases semblent partir en vrille, autant que le personnage principal. On cherche notre respiration, on trébuche, on se reprend. Surprenant, mais réussi!

Malheureusement, je n'ai pas réussi à ressentir d'empathie pour Paul. Ni héros ni anti-héros, c'est juste un homme ordinaire, tâchant maladroitement de faire face à une douleur trop grande pour lui. Comme il l'analyse lui-même, il se contente de vivre aux côtés de ses enfants. Il les aime, évidemment, mais il n'arrive plus à être présent. On peut d'ailleurs se demander s'il l'était réellement avant le départ de Sarah, ou s'il lui délégait tout. Le voilà maintenant seul à assumer la responsabilité de Manon et Clément, et autant dire qu'il pédale dans la semoule.

En fait, il m'agaçait. Cette façon de se laisser porter par le courant sans réagir, cette hébétude, ses abus de boissons, ses dérives, m'énervaient prodigieusement. Il me semblait très en retrait de sa propre histoire... ce qui ne m'a pas aidée à y plonger. La lecture de vieux romans a dû trop m'habituer aux héros luttant admirablement contre l'adversité! Il m'a laissé l'impression d'être anesthésié par la douleur, et tout autour de lui s'en ressent. Les autres personnages sont crédibles, mais vagues. Les événements glissent sans trouver de prise.

Les longues (et belles! mais longues...) descriptions de la Bretagne ne m'ont pas davantage parlé. Je me suis ennuyée. Les embruns, la mer, l'écume des vagues, le froid piquant, le sable gelé, d'accord, mais à petites doses. Paul se perd dans la contemplation du paysage pendant de longues pages, à de multiples reprises, et l'état de la météo à Saint-Malo heure après heure me laissait parfaitement indifférente.

Je l'ai terminé uniquement pour savoir ce qui était arrivé à Sarah, et sans cette carotte je n'aurai pas eu le courage d'en venir à bout. Il faudra que je réessaie avec une autre histoire. Je pense avoir affaire à un grand auteur, mais à un petit roman. A moins que nous ne soyons définitivement incompatibles...

Bah! Ca méritera bien un second rendez-vous!