feeling

"Il paraît que les filles ne savent pas draguer…
Sarah, presque trentenaire et célibataire, relève le défi : elle va prouver le contraire à ses amis !
Jusqu'où sera-t-elle prête à aller avec le ténébreux Sandro ?"

Je ne sais même plus pourquoi j'ai commandé ce livre... Envie de me replonger un peu dans ce qui faisait en littérature érotique, en plein milieu de la mouvance "Fifty shades" et autres mommy porn, sans doute. Je n'ai pas réfléchi plus que ça, j'ai choisi l'ouvrage qui avait la meilleure note sur Livraddict, et allons-y Alonso.

Ce qui m'a le plus surprise, c'est l'humour. Je ne m'attendais pas à rire autant! L'héroïne, Sarah, est une espèce de gaffeuse invétérée qui parle plus vite qu'elle ne réfléchit et se fourre dans des situations hilarantes... mais réalistes. Contrairement à une Becky Bloomwood (l'accro du shopping) dont l'accumulation de gaffes épiques me fatiguait, Sarah reste sympathique. Je voudrais bien être sa copine, en fait! Les vannes à répétition auraient d'ailleurs peut-être pu devenir un peu lourdes, mais puisque je ne l'ai pas lu d'une traite, ça passait très bien. Je me replongeais tout de suite dans l'ambiance, avec un grand sourire sur le visage.

Le personnage de Sandro m'a bien moins intéressée. Le bel étalon italien typique, infatigable, sentimental, bla bla bla. Il avait un peu trop de qualités pour être crédible.

Le vocabulaire, dans ce genre de livres, est crucial: il suffit d'un rien pour passer de l'érotisme à la vulgarité... Et "Feeling good" évite brillamment ces écueils! A aucun moment je ne me suis sentie mal à l'aise ou déconnectée de ma lecture à cause de termes mal choisis ou orduriers. Les scènes de sexe sont toujours bien écrites, et la dérision de Sarah qui n'en loupe pas une (oui, elle fait même des boulettes pendant l'amour! Personne n'est à l'abri d'une chute, d'un vêtement récalcitrant ou d'un commentaire maladroit) pimentait le tout. Ce côté réaliste, encore! N'importe qui peut facilement se mettre à sa place.

"Feeling good" se garde bien aussi d'une surenchère lassante. En 250 pages, on aurait pourtant pu s'attendre à ce que l'auteur cherche à aller toujours plus loin dans l'extrême, avec force accessoires, partenaires et variations... Mais non. Sarah conserve certains interdits. Orgie, certainement, mais pas de débauche interminable au programme.

Le style n'est pas inoubliable, c'est certain, mais je ne comptais pas lire un aspirant au Goncourt non plus. Il remplit tout à fait son office. L'intrigue est parfois cousue de fil blanc, mais on lui pardonne sans mal!

C'est bien beau tout ça, on rigole, mais et l'érotisme, alors, me direz-vous? Il n'a pas eu l'effet d'une tornade implacable sur ma libido, mais son réalisme ne manque pas d'émoustiller... Après tout, on peut connaître ça aussi! Si on a l'endurance physique et le temps libre des personnages principaux, évidemment, mais tout de même! Disons subtilement qu'il a un très fort pouvoir de suggestion!

Je ne l'ai donc pas dévoré, mais j'ai vraiment beaucoup, beaucoup aimé. Je le garde précieusement, et je n'exclus certainement pas la possibilité d'une relecture. Une vraie lecture détente!

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