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"A trente-trois ans, Anil Tissera fait son " retour au pays natal ", le Sri Lanka.
C'est la guerre civile. Médecin légiste, Anil est mandatée par la Commission des droits de l'homme des Nations unies pour enquêter sur l'origine d'un massacre. Qui est responsable ? La guérilla séparatiste ? Les paramilitaires ? Très vite, Anil plonge dans un monde étrange et mystérieux, où le réel et le surnaturel semblent inextricablement mêlés. Dans les temples désaffectés et les palais en ruine, à travers les restes dispersés de ce qui fut une grande civilisation, Anil rencontre d'étranges personnages - un archéologue aveugle, un artisan merveilleux, un chirurgien désespéré.
Avec leur aide, elle parviendra à faire parler les morts. Mais il lui faudra d'abord affronter sa propre guerre civile, rouvrir la blessure qui lui a fait fuir son pays pour un Occident où elle n'a pas trouvé sa place."

Il m'aura fallu du temps pour en venir à bout! Non seulement parce que j'étais débordée, mais aussi et surtout parce que c'est un livre très dur.

Qu'est-ce que je connaissais du Sri Lanka? Rien. Une île quelque part près de l'Inde où certains partent en vacances, c'est tout. J'ai donc totalement découvert la situation politique, les massacres, les disparitions, et l'impression de lent enlisement des conflits. Les routes ne sont pas sûres, n'importe qui peut disparaître, et il ne fait pas bon poser des questions. Oh non, vraiment pas... mieux vaut se taire et courber l'échine.

Partie faire ses études à l'étranger, Anil n'a pas l'envie (ou la sagesse?) de courber l'échine. Elle rêve de dénoncer, par le biais de ses découvertes, la situation insoutenable. L'historien qui l'accompagne, Sarath, devra canaliser cette énergie pour garantir leur sécurité. Quel est exactement son rôle auprès d'elle? Guide, tuteur, espion?

L'atmosphère de paranoia est très bien rendue. Les conversations téléphoniques peuvent être espionnées, les murs ont des oreilles, et le moindre agent peut en fait être à la solde du gouvernement... ou d'un groupe terroriste. On ne peut faire confiance à personne: nul n'ose dévoiler ses cartes, tout le monde reste donc suspect. La solitude d'Anil est immense.

L'intrigue est somme toute secondaire: c'est un livre d'ambiance, qui nous plonge au coeur de ce pays déchiré. La sagesse des immenses statues de bouddhas opposée au chaos. Les personnages n'ont que peu d'influence sur la marche de l'Histoire, et leurs actions paraissent presque dérisoires.

Je ne pense pas que je garderai un souvenir impérissable de ce livre. La violence omniprésente oblige presque à se mettre en retrait, et je n'ai donc ressenti que peu d'empathie pour les personnages. Je n'ai pas accroché à leurs conflits intérieurs (à l'exception peut-être de Gamini, le médecin) et à leurs réflexions. Mais je garderai aux tripes ce sentiment de malaise et d'insécurité, et cette triste résignation devant les disparitions et les morts. 

 

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