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"Roman historique, "L'enfant du carrefour maudit" nous raconte au travers de quelques personnages les tumultes suivant la création de l'Etat belge, après la proclamation des Conventions Nationales.

Un soir de 1792, M. Durel, ancien négociant, décide de rendre service à une belle inconnue accompagnée de ses deux jeunes enfants, et de la conduire à Dinant où elle dit avoir rendez-vous. Mais les chemins sont peu sûrs, et au lieu-dit "Carrefour maudit", ils sont attaqué par le terrible Bannoyard et son complice..."

 

"Oh mon dieu, mais pourquoi?", êtes-vous en droit de vous demander. Pourquoi aller déterrer un roman oublié de 1960? Premièrement, il me fallait un L pour mon challenge ABC. Deuxièmement, le titre m'a vendu du rêve par palettes. "L'enfant du carrefour maudit"! Est-ce que ce n'est pas merveilleusement racoleur?

Franchement, c'était plutôt sympa! Pas de misérabilisme à outrance, pas de considérations politiques interminables, pas de vocabulaire prétentieux et illisible... je me suis plutôt bien amusée!

Attention spoiler de fou (je sais que vous avez tous le livre dans votre PAL et que vous brûlez d'envie de le découvrir): la mystérieuse mère est tuée assez rapidement, et le reste du livre raconte les recherches désespérées de leur père, de M. Durel et des bandits pour retrouver les deux enfants. Deux enfants, eh oui! Mais l'un reste dans les parages et reçoit ce charmant surnom d'enfant du carrefour maudit (plus imaginatif que "Zozo la Grosse Tête" ou "Bebert Le Blond", vous me direz), tandis que la fillette disparaît.

Pour un "vieux" livre (tout est relatif), il a le mérite de ne pas se perdre en descriptions, et de favoriser l'évolution de l'intrigue. Il se passe toujours quelque chose! Les événements historiques qui servent de toile de fond ne transforme jamais le récit en cours magistral. On croise donc avec bonheur d'illustres personnages comme Théroigne de Méricourt (que je ne connaissais pas), Marat, ou Napoléon lui-même!

J'ai particulièrement aimé découvrir le regard des Belges de l'époque sur la révolution française: une vision à la fois amusée et désabusée, comme une mère soupirerait au dernier caprice de son bambin. Qu'est-ce qu'ils n'ont pas encore été inventer là, ces français! Quelle drôle d'histoire que la République!

Quant au carrefour maudit du titre, il s'agit simplement d'un lieu-dit. "C'est qu'au temps jadis on prétendait que les mauvais esprits se donnaient rendez-vous au point d'intersection de ces quatre chemins." Si vous vouliez quelque chose d'un peu plus sensationnel, vous serez déçus!

Un chouette petit divertissement sans prise de tête!

 

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