dalva

 

Dalva, c'est le grand roman de l'Amérique éternelle, l'Amérique de la prairie et des forêts, écrit avec verve, passion, ironie. Le portrait de Dalva, femme mitraillée par l'histoire, perdue au coeur d'un pays dont elle ne sait plus les frontières, est sensible et pénétrant. Harrison renoue ici avec une veine poétique et presque lyrique pour se replonger dans les racines d'une terre dont toute l'histoire n'a pas encore été dite.

 

Merci petit Jésus, j'ai enfin terminé ce bouquin. Cette première phrase en dit long sur mon ressenti.

Non pas que ce soit mauvais: c'est bien écrit, bien construit, réaliste. Mais je suis totalement passée à côté. A mes yeux, ça manquait terriblement d'âme. L'écriture m'a semblé froide et détachée. Je ne suis jamais parvenue à me mettre dans la peau des personnages ou à simplement compatir avec eux. Dalva me semblait presque hors du monde, peu ou pas affectée par les événements qui l'entouraient (à quelques rares exceptions près), éthérée, absente, souvent trop lyrique à mon goût. Quant à Michael, n'en parlons pas: un intellectuel alcoolique et pathétique, mal taillé pour la vie, en permanence à côté de la plaque.

Au fond, ça racontait quoi, "Dalva"? Le fragment de vie d'une arrière-petite-fille descendante de sioux (soit 1/8e de sang indien) qui accepte de confier les journaux de son arrière-grand-père à un historien universitaire instable dont c'est la dernière chance de briller. A part ça, il ne se passe rien, ou pas grand-chose. Dalva fait le point sur sa vie, rentre dans sa région natale, décide d'y rester pour de bon et de lâcher un peu les fantômes qui la hantent. Michael a des révélations sur sa vie et ce qu'il en a fait. On entend le vent, les coyotes, les oies. On fait de belles ballades à cheval. On se baigne, on regarde les oiseaux. On réfléchit, beaucoup. Voilà, voilà, voilà.

Je me suis ennuyée, j'ai failli zapper certaines descriptions qui s'étendent sur plusieurs pages, et jamais je ne me suis sentie touchée. Pourtant, il y avait matière, puisque le thème m'intéressait beaucoup. En refermant le livre, je me suis dit: "Et alors? Tout ça pour ça?"

A lire si vous avez du courage, si vous aimez les longues introspections et que les grandes descriptions de paysages ne vous rebutent pas.